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C’est Paris ce théâtre d’ombres que je porte
Mon Paris qu’on ne peut tout à fait m’avoir pris
Pas plus qu’on ne peut prendre à des lèvres leurs cris
Que n’aura-t-il fallu pour m’en mettre à la porte
Arrachez-moi le cœur vous y verrez Paris

C’est de ce Paris-là que j’ai fait mes poèmes

Mes mots ont la couleur étrange de ses toits

La gorge des pigeons y roucoule et chatoie
J’ai plus écrit de toi Paris que de moi-même

Et plus que de vieillir souffert d’être sans toi.
Louis Aragon

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Mis à jour le 3 Mai 2006

© 2006 Alain Hugonie